📚 FROM THE VAULT — Graffiti à New York (Andrea Nelli)
Avant que le graffiti soit une culture, il était un mystère pour certains. De la saleté pour d'autres.
Des codes énigmatiques tracés à la bombe de peinture noire sur les murs du Bronx, les wagons du métro ou les cabines téléphoniques. C'est ce qui a fasciné Andrea Nelli en 1973, à 20 ans, lors de son premier voyage à New York.
Et au lieu de s'en offusquer... il a sorti son appareil photo.

Fasciné par ce qu'il a vu sur les murs et dans le métro, Nelli décide de tout documenter sur le mouvement graffiti naissant.
Avec la conviction qu'il est témoin de l'émergence d'une nouvelle forme d'art, il cherche à déchiffrer ces inscriptions qui ornent les murs, aidé par COCO 144, qui l'introduit alors auprès de ceux qui créeront notre culture.
Le fruit de ce travail de terrain deviendra sa thèse de littérature, puis un livre, qui sortira en 1978.
Quelques mois après sa sortie, son éditeur Lerici fait faillite et l'ouvrage disparaît des rayons, perdu dans les réserves de petites librairies. Ce n'est que 34 ans plus tard que l'éditeur italien Wholetrain Press le rééditera, traduit en anglais et remis en circulation.
En plus de la beauté de l'objet — la couverture de la réédition intègre une petite fenêtre découpée laissant apparaître celle du livre original de 78 — on est, dès les premières pages, transportés dans le New York des années 70 avec un regard neuf. Le même qu'on avait gamins, quand on fixait des graffitis sur un mur sans savoir ce que c'était.
Curieux, intrigués, mais impossible de rester de marbre.
Cet ouvrage est littéralement un document d'archive vivant.
Nelli nous parle des communautés qui ont fait le graffiti et surtout, de pourquoi elles l'ont créé. Portoricains, afro-américains, population des ghettos et surtout... très peu de majeurs, l'interdiction de transporter des bombes de peinture non scellées dans les rues de la Grosse Pomme pouvant aller jusqu'à une peine de prison.

Documenté par plus de 100 photographies dans leur jus, des dizaines d'articles du New York Times en passant par les discours anti graffiti des maires de l'époque, Nelli accompagne ce mouvement nouveau et le cristallise dans ses toutes premières années.
On y croise PHASE 2, JUNIOR 161, LEE 163D, à une époque où personne ne parlait encore de "street art". Le livre "Getting Up" de Craig Castleman, longtemps considéré comme la première analyse sérieuse du sujet, n'a été publiée qu'en 1982 - soit quatre ans après le livre de Nelli.
Ce livre est donc antérieur à la bible. C'est dire.
On lui reprochera peut-être d'être trop court — on en veut encore. Et d'être uniquement en anglais, ce qui pourrait en freiner certains.
Un livre qu'on a envie non seulement d'avoir dans sa bibliothèque street pour la collection, mais aussi de contempler : ses photos nous transportent, chaque détail (les voitures, les looks, l'architecture, mais aussi et surtout les typographies utilisées pour les tags) transpire la tension des ghettos New Yorkais des années 70.
La genèse de notre culture.
GRAFFITI A NEW YORK
- Auteur : Andrea Nelli (photographe, peintre et vidéaste italien)
- Éditeur : Wholetrain Press
- Réédition : 2012 (ouvrage original publié en 1978)
- Format : Beau livre relié, 187 pages, papier premium
- Pour qui : Passionnés d'Old School, collectionneurs, historiens de la culture urbaine
- Langue : Anglais / Italien
Crédit photo : graffitianewyork.net / Charlotte Hellsten
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